Comment passer sous 100 : un plan pratique, basé sur les chiffres
La plupart des conseils pour "passer sous 100" parlent de ton swing. C'est à l'envers. Passer sous 100, c'est surtout de l'arithmétique : ça dépend du nombre de trous qui explosent que tu évites, pas du nombre de bons coups que tu frappes. Voici ce que les données disent vraiment sur où partent les coups d'un golfeur qui joue en bogey, et un plan bâti là-dessus, pas sur le fait de devenir meilleur au golf d'abord.
La propre recherche du National Golf Foundation a trouvé que plus de la moitié des golfeurs admettent prendre des libertés avec leur score (des Mulligans, un coup repris au premier départ, des Gimmes, pas de pénalité hors-limites) quand ils rapportent leur pointage, et qu'environ un tiers des golfeurs occasionnels ne comptent même pas leur score. La propre conclusion du Foundation : le vrai score moyen d'un golfeur est probablement plus proche de 100 que du milieu des 90 que tout le monde cite.
Voir pourquoi ce chiffre compte ↓Le calcul te donne déjà la réponse
Une ronde en bogey partout sur un normale 72 donne 90 (18 bogeys). Tu n'as pas besoin d'une seule normale pour passer sous 100, tu as 10 coups pleins de marge sous le golf en bogey. Fais le calcul dans l'autre sens : 9 bogeys et 9 doubles bogeys donnent 99. C'est tout le plan en une phrase : joue pour le bogey, et permets-toi quelques doubles.
Ce qui brise ce plan presque à tout coup, ce n'est pas une série de mauvais bogeys, c'est un trou qui explose en 8 ou en 9. Un seul trou qui explose te coûte autant que trois trois-putts séparés. Ça change complètement l'objectif : passer sous 100, c'est moins une question de frapper de bons coups que de limiter les dégâts sur tes pires trous.
Arrête de creuser une fois que t'es déjà dans le trouble
Le moment qui décide vraiment si un trou finit en bogey, en double, ou en 8, ce n'est habituellement pas le coup de départ, c'est ce que tu fais juste après la première erreur. Une fois que t'es derrière un arbre, dans une fosse de sable avec une lèvre haute, ou dans le rough sans ligne dégagée vers le green, le coup le plus payant n'est presque jamais le coup héroïque qui essaie quand même d'atteindre le green. Prends le coup simple, de côté ou même vers l'arrière, qui te ramène dans l'allée avec une belle position, même si ça "coûte" un coup. Un coup de sécurité qui mène à un bogey ou un double bat une tentative de récupération à faible pourcentage qui mène à une deuxième pénalité et un trou qui explose, et tu comptes quand même chaque coup.
Retire le driver de l'équation
Le driver est le bâton le moins fiable de ton sac et celui le plus susceptible de faire exploser un trou, parce qu'une balle dans les arbres ou hors-limites transforme un mauvais élan en deux ou trois coups une fois que tu comptes la pénalité et la récupération. Sur la plupart des normales 4 et 5, frappe le bâton que tu peux mettre en jeu au moins 7 fois sur 10, même si c'est un fer 5. Tu vas frapper un bâton plus long vers le green, mais à partir de l'allée, ce qui est un meilleur échange qu'un départ frappé des arbres.
Vise le centre du green, jamais le drapeau
Le centre d'un green est une cible bien plus grosse que le drapeau, et le manquer long, court, ou d'un côté ou de l'autre te laisse quand même habituellement un chip jouable ou un deux-putts. Manquer vers un drapeau placé dans un coin difficile signifie souvent atterrir dans une fosse, l'eau, ou une pente qui ne laisse rien de jouable. Frappe chaque coup d'approche vers la partie la plus grasse et la plus sécuritaire du green peu importe où le drapeau est planté; cette seule habitude élimine une grosse partie des doubles et des triples qui viennent d'un bon élan frappé vers la mauvaise cible.
La cible qui compte vraiment autour du green : la distance, pas le trou
Autour du green, l'objectif d'un chip ou d'un pitch n'est pas de l'approcher près du trou, c'est de le mettre sur le green et de le faire rouler vers le trou. Un coup qui finit à 30 pieds, en sécurité sur le green, c'est un deux-putts de routine. Un coup qui reste court dans le rough, ou qui file 40 pieds trop loin parce que t'as essayé d'être précis, se transforme souvent en un troisième ou quatrième coup autour du green. Choisis le coup le plus simple qui met fiablement la balle en train de rouler sur le green, un bump-and-run avec un fer moyen bat un flop shot presque à tout coup à ce stade, et arrête d'essayer que ça ressemble aux coups que tu vois à la télé.
Le putting : lag-le, ne le chasse pas
Ce sont les trois-putts, pas les putts de birdie manqués, qui coûtent vraiment des coups aux golfeurs qui jouent en bogey. Le seul objectif d'un putt à plus de 15 pieds est de laisser ton prochain putt à moins de 3 pieds, pas de le rentrer. Prends un ou deux élans d'essai pour sentir la distance avant de t'engager, et accepte qu'un lag putt qui s'arrête à 2 pieds trop court ou 2 pieds trop long a fait son travail. Chasser le trou de longue distance, c'est comme ça qu'un deux-putts devient un trois-putts.
Un chiffre qui surprend la plupart des golfeurs
Mark Broadie, professeur à la Columbia Business School qui a développé la statistique "strokes gained" maintenant utilisée partout au golf professionnel, a trouvé que le putting explique seulement environ 15% de l'écart de pointage entre des golfeurs de niveaux différents, alors que les coups à plus de 100 verges (départ et approche) en expliquent environ les deux tiers. Ça ne veut pas dire que le putting n'a pas d'importance, ça veut dire que la plupart des golfeurs passent déjà un temps de pratique disproportionné sur le green par rapport à combien ça sépare vraiment un pointage d'un autre. Si t'as seulement une heure pour pratiquer avant de jouer, passes-en plus à frapper le bâton que tu vas vraiment utiliser pour tes coups d'approche qu'à putter de 6 pieds.
Récapitulatif rapide
- T'as pas besoin d'une seule normale. Le golf en bogey donne 90; t'as 10 coups de marge sous ça juste avec des bogeys et quelques doubles.
- Un trou qui explose fait plus de dégâts que trois mauvais trous. Le moment juste après ta première erreur décide tout, prends le coup de sécurité simple plutôt que la récupération héroïque.
- Laisse le driver dans le sac sur les trous serrés. Frappe le bâton qui trouve l'allée de façon fiable, même s'il est plus court.
- Vise le centre du green, jamais le drapeau. Une grosse cible bat une cible précise quand ta marge d'erreur est large.
- Autour du green, fais rouler la balle sur le green, pas près du trou. Un deux-putts de 30 pieds bat un coup audacieux manqué qui mène à un troisième coup.
- Les lag putts, c'est laisser le prochain putt court, pas rentrer celui-là. Ce sont les trois-putts, pas les putts manqués, qui te coûtent vraiment des coups.
- Les coups à plus de 100 verges séparent les pointages bien plus que le putting, selon la recherche en strokes gained, donc c'est là que du temps de pratique supplémentaire rapporte le plus.
Sources : données et analyse du National Golf Foundation sur les scores auto-déclarés par rapport aux scores réels des golfeurs; recherche en strokes gained de Mark Broadie ("Every Shot Counts") sur l'importance relative du putting par rapport au longue jeu dans les écarts de pointage.